La Confession délirante - Amour et vieillesse (28/03/2012)

Mercredi 28 mars à 20h45

La Confession délirante - Amour et vieillesse  (28/03/2012)
Juliette Récamier et Chateaubriand Coll. Société Chateaubriand et Maison de Chateaubriand © MD
Création théâtrale en partenariat avec le théâtre Firmin Gémier/La Piscine de Châtenay-Malabry et d'Antony.

Ce récit  de Chateaubriand met en scène le poète vieillissant, interprété par le comédien Marc Jeancourt, directeur du théâtre Firmin Gémier/La Piscine, en proie à une violente passion pour une jeune créature dont on peut se demander si elle est réelle ou imaginaire, unique ou multiple. Elle chante et sa voix le rend fou.

Des extraits de cette confession clandestine de Chateaubriand ont été publiés par Sainte- Beuve en 1862 sous le titre de Confession délirante. Dans ces pages fiévreuses rédigées à des époques différentes, l’auteur des Mémoires d’outre-tombe exprime son refus d’aimer une jeune fille et laisse libre cours à son désir, à ses passions.

Le 20 janvier 1845, un secrétaire assez indélicat de Chateaubriand, Lagneau, céda à Edouard Bricon des pages manuscrites du maître. Bricon les baptisa Amour et Vieillesse, et en fit don à la Bibliothèque nationale en 1852. Des extraits en furent pour la première fois publiés par Sainte-Beuve, en 1862, qui les introduisit pas ces mots: « Dans une page déchirée des Mémoires d’outre-tombe que le vent m’apporte par ma fenêtre entr’ouverte, je trouve un aveu, un refus presque pareil [le refus d’aimer une jeune fille], bien que sur un tout autre ton, une confession où se peint, une fois de plus, cette passionnée et délirante nature de René; j’y supprime seulement, çà et là, quelques traits, quelques notes trop ardentes et qui ne seraient à leur place que dans le Cantique des Cantiques [puis, après une assez courte citation, il ajoute:] L’effusion n’en finit pas là: elle se prolonge en mille suppositions, mais la note est donnée; je m’arrête. De tels accents, certes, ne font pas tort à la vieillesse ni à la mémoire de Chateaubriand; le René patriarche ne reste pas au-dessous du René des Natchez. Quelle ivresse jusque dans la réflexion! que de flamme! [...] ».
On a, depuis, établi que ces pages, connues aussi sous le titre, inspiré par Sainte-Beuve, de Confession délirante, n’étaient pas toutes de la même époque; on en fait remonter certaines à l’année 1823, en se fondant sur des similitudes présentées avec des extraits d’un poème adressé par Chateaubriand à sa maîtresse, Cordélia de Castellane. Les autres n’ont pas été datées avec certitude. L’identification de la, ou des femmes, qui ont suscité ces pages a fait couler beaucoup d’encre : c’est là une discussion qui paraît assez vaine, en regard de l’unité d’inspiration de l’ensemble, constitué au fil de « saignées » qu’il mentionna dans une lettre à Juliette Récamier.
Chateaubriand s’est, très tôt, senti saisi par la vieillesse ; mais il n’a sans doute jamais été un vieillard : « Que de vie pourtant je sens au fond de mon âme ! Jamais, quand le sang le plus ardent coulait de mon cœur dans mes veines, je n’ai parlé le langage des passions avec autant d’énergie que je pourrais le faire en ce moment ! », écrivit-il en 1832. Dans les pages fiévreuses de cette Confession délirante, il laisse d’autant plus libre cours à son désir, à sa passion, qu’il s’interdit, de fait, tout passage à l’acte et, sous cet abri, porte l’expression de son eros à une incandescence qu’aucune page des Mémoires d’outre-tombe ne reflète à ce degré.

Mise en scène: Lionel Parlier
Interprétations : Marc Jeancourt
Mayuko Yasuda (soprano)
Piano : Emmanuel Christien
Coiffure/maquillage : Arno Ventura

 

EN SAVOIR PLUS  / À LIRE

Tarif plein : 16 € - Tarif réduit : 12 €

Réservations : 01 55 52 13 00 – reservations-chateaubriand@cg92.fr

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