Enfants sauvages, hommes des bois, homo sylvestris, orangs-outans se tiennent, au XIXe siècle comme aux siècles précédents, à la frontière de l’Humanité et de l’animalité. L’émergence des théories racialistes et de l’évolutionnisme auxquelles s’ajoute l’essor du colonialisme rendent de plus en plus brutales l’éviction des sauvages hors de l’Humanité, leur relégation parmi les animaux.
par Claude Millet, professeur de littérature française à l’université Paris-Diderot qui y anime, dans le cadre du CERILAC, la composante « Littérature & civilisation du XIXe siècle » et le « Groupe Hugo ». Avec Paule Petitier, avec laquelle elle codirige la revue Écrire l’histoire, elle organise depuis 2007 un séminaire sur les frontières de l’Humanité et de l’animalité au XIXe siècle.
Chateaubriand et Malraux face à l'histoire (05/04/2012)
Jeudi 5 avril à 19h
André Malraux : L'espoir - Collection Maison de Chateaubriand
« François-René de Chateaubriand - André Malraux : deux anti-destins face à l'histoire » par Alexandre Duval-Stalla, auteur de deux biographies croisées d'André Malraux et Charles de Gaulle, Claude Monet et Georges Clemenceau. Avocat au barreau de Paris et maître de conférences à l'Institut d'études politiques en histoire et en philosophie politique.
Le premier est un opposant à Napoléon, le second est un fidèle du général de Gaulle. Chateaubriand et Malraux auront été deux écrivains engagés en quête d’action, leurs destins se sont réalisés dans la conscience aiguë qu’ils avaient du crépuscule de leur siècle. Aux Mémoires d’outre-tombe répondent les Antimémoires, comme le fil d’une histoire française qui ne se rompt jamais parce que les rêves des Français sont plus grands que leurs défaites.
Par Florence de Baudus, titulaire d'une maîtrise de lettres modernes et écrivain. Ses ouvrages, romanesques ou historiques, portent tous l'empreinte de sa passion pour les nœuds familiaux.
En 1792, Amable de Baudus (1761-1822) dont les pères tissaient depuis des siècles une chaîne respectable de magistrats à Cahors, se retrouve comme tant d’hommes de sa génération émigré à Hambourg, obligé de nourrir sa femme et ses cinq enfants restés en France. Il y fonde Le Spectateur du Nord, une revue mensuelle qui le met en relation épistolaire avec les personnalités littéraires, politiques et religieuses qui peuplent alors l’Europe du Nord, dont Chateaubriand et Talleyrand qui l’attache à son ministère.
Chateaubriand philhellène Par Denys Barau (14/02/2012)
Mardi 14 février à 19h
Comité grec présidé par M. de Chateaubriand (détail) assiette en faïence de Montereau coll. MDC
Denys Barau, ancien archiviste, docteur en études politiques, auteur de La Cause des Grecs. Une histoire du mouvement philhellène (1821-1829) (Honoré Champion, 2009).
Ultra résolu, Chateaubriand a pourtant été, en France, l’une des figures les plus marquantes d’un mouvement de soutien aux insurgés grecs où prédominaient les libéraux. Ce qui semble, à première vue, paradoxal se révèle à l’examen symptomatique du philhellénisme, surtout dans sa particularité française. Et, en retour, l’engagement de Chateaubriand en faveur de cette cause apporte un éclairage hautement significatif sur le parcours de l’homme et de l’écrivain. Gratuit sur réservation
Docteur en histoire, spécialiste de la période des Lumières, Daniel Teysseire a enseigné pendant plus de trente ans les grandes périodes de l'histoire moderne dans des universités françaises et étrangères
Dans sa préface à l’édition de 1826 de son Essai sur les révolutions, Chateaubriand écrit : « Dans ma patrie, lorsque j’y revins, je trouvai les temples détruits, la religion persécutée, la puissance et les honneurs du côté de la philosophie. » De quelle philosophie s’agit-il ? En mai 1800, ce ne peut être que la philosophie des Lumières et, plus spécifiquement, son ultime modalité : l’Idéologie, en son sens étymologique strict de idea logos : « science des idées » ; plus précisément même : science de la production et du développement des idées.
Par Jean-Claude Bonnet (CNRS), auteur de Naissance du Panthéon (Fayard, 1998) et de contributions régulières sur le cinéma et la littérature du XXe siècle.
Entre 1927 et 1982, le Napoléon de Gance a hésité entre le muet et le parlant. Histoire de ces différentes versions avec la projection de séquences issues de Napoléon et d’autres longs métrages de Griffith, Gance, Guitry, complétée par l’extrait d’un entretien vidéo réalisé par Jean- Claude Bonnet avec Harry Krimer, acteur qui a interprété le rôle de Rouget de Lisle.
Par le père Jean Dubray, docteur en philosophie, docteur ès lettres, membre de la Société Chateaubriand, écrivain et critique littéraire
Au-delà des divergences, des liens subtils unissent ces deux univers littéraires aux affinités réelles, puisées dans un fonds commun de tradition janséniste, et aux thèmes similaires, centrés sur la misère et la grandeur de l’homme, l’importance de la chute originelle, les échecs qui en découlent dans la quête du bonheur, de la justice et de la vérité, les limites de la raison et la désespérance d’une condition humaine que l’absence de Dieu prive de sens. Un passionnant et troublant face à face entre deux écrivains que les styles, les préoccupations et les époques rendent à la fois si éloignés et si proches l’un de l’autre.
Par Bernard Degout, directeur de la Maison de Chateaubriand
Comment Chateaubriand a-t-il conçu son historicité et sa relation au temps, depuis l’affirmation inaugurale de son premier ouvrage, l’Essai sur les Révolutions (1797), selon laquelle « chaque âge est un fleuve qui nous entraîne selon le penchant des destinées quand nous nous y abandonnons ; mais il me semble que nous sommes tous hors de son cours », jusqu’à celle de l’oeuvre ultime publiée de son vivant, la Vie de Rancé (1844) : « Je ne suis plus que le temps » ?
Par Sidonie Lemeux-Fraitot, docteur en histoire de l'art
Il est communément admis que Joseph Joubert, fidèle ami de Chateaubriand, servit de secrétaire à Denis Diderot. Aucun témoignage circonstancié de leurs liens n’existe réellement mais le premier biographe de Joubert, Paul Raynal, affirma qu’« il commença à étudier les arts pour être digne de lui parler de ses Salons ».
La preuve de leurs échanges et d’une étroite collaboration se trouve dans la comparaison de leurs goûts artistiques. Dans les premiers textes de Joubert figure un éloge de Pigalle, sculpteur à qui l’on doit le plus fidèle, sinon le plus beau portrait de Diderot. La figure du philosophe se dessine partout en mentor dans les écrits esthétiques de Joubert. Son admiration pour Rembrandt et les théories qu’il développe prolongent les pensées du maître. La forme même des écrits de Joubert imite la liberté de ton et l’esprit caustique de Diderot. La somme et les détails de ces influences sont ainsi probants : non seulement Joubert fréquenta Diderot mais il se forma auprès de lui. Le regard acerbe qu’il a pu porter par la suite sur le philosophe ne semble autre que cette distance inéluctable qu’un disciple est amené à prendre vis-à-vis d’un père spirituel.
Le Château des Tuileries du côté du Pont Royal à Paris, vue d'optique colorée - Coll. Maison de Chateaubriand
Par Philip Mansel, historien de la France et de l'empire ottoman
Le Paris du XIXe siècle a été souvent décrit comme la ville rouge, la ville des révolutions : « Quand Paris éternue, l’Europe prend froid », disait Metternich. On oublie trop qu’avec ses palais, ses fêtes, ses commerces de luxe, Paris était aussi la ville de cour la plus imitée de son temps. Philip Mansel montre que la maison du souverain, tant celle de Charles X que celle de Napoléon Ier, a été plus grande qu’avant la révolution. Il y avait souvent autant de courtisans que de révolutionnaires à Paris.
Les châteaux des Tuileries et de Saint-Cloud mettaient les souverains et leur cour en contact direct avec la ville de Paris. Plus qu’au XVIIIe siècle, les écrivains gravitaient autour de la cour, Chateaubriand et Lamartine pour les Bourbons, Victor Hugo pour Louis-Philippe, Mérimée et Théophile Gautier pour le Second Empire. Si Paris n’est pas restée, comme Vienne et Londres, une ville de cour, c’est pour des raisons de politique étrangère, de guerres perdues, autant que par foi républicaine.
Diderot : Le Neveu de Rameau et la sortie du labyrinthe (24/05/2011)
Mardi 24 mai à 19h
Denis Diderot, eau-forte de David, d'après L.M. Vanloo - coll. Maison de Chateaubriand
Par Jean-Claude Bonnet, directeur de recherche au CNRS et écrivain
En écho à l’exposition consacrée à madame Geoffrin, Jean-Claude Bonnet évoque Diderot, l’un des plus illustres écrivains du siècle, qu’elle a reçu dans son salon et avec lequel elle a entretenu des liens.
Plus que toute autre oeuvre, Le Neveu de Rameau illustre la manière et, pour reprendre un terme emprunté à la peinture, le « faire diderotien ». OEuvre cruciale et affaire de toute une vie, il permit à Diderot d’oublier les tourments de l’Encyclopédie et d’en finir aussi avec Rousseau en consommant une rupture qui s’était annoncée dans le débat sur la musique lors de la querelle des Bouffons.
Avec ce texte, l’écrivain définit et revendique son identité littéraire fort singulière, caractérisée selon Louis Sébastien Mercier par ce que l’on peut appeler la « phobie du livre ».
Catherine II, collectionneur et mécène (03/05/2011)
Mardi 3 mai 2011 à 19 h
L'impératrice Catherine II-coll.Musée-Association des officiers de régiment des cosaques de la garde
Rencontre-débat avec le baron de Cassagne
Souveraine éclairée imprégnée de la philosophie des Lumières, Catherine II (1729-1796) enrichit à son tour les collections impériales et construit le premier espace dédié à leur présentation : Le Petit Ermitage, édifié à côté du Palais d’Hiver de 1764 à 1775. Ce bâtiment se révèle vite insuffisant pour abriter un nombre d’œuvres en constante augmentation et le Grand ou Vieil Ermitage est construit peu après, de 1771 à 1787. Catherine II donne à ses collections un caractère encyclopédique et voit le moyen d’affirmer son prestige politique. C’est à Paris qu'elle effectue ses principales acquisitions, par l’intermédiaire de correspondants aussi prestigieux que Diderot ou le Baron Grimm. Baron de Cassagne Amateur du XVIII e siècle, le baron de Cassagne est sans doute l’un des meilleurs connaisseurs actuels des usages en vigueur dans la haute société de cette époque. Amateur d’art, il s’est passionné pour les plus exceptionnelles collections héritées du siècle de Louis XV.
Moïse reçoit le décalogue - lithographie de Charles Heath, d'après R. Westhall - coll. Société Chateaubriand - cl. MDC
Rencontre-débat avec André Le Gall
Nadab, fils d’Aaron, aime jusqu’à l’obsession Arzane, reine captive des Amalécites vaincus par Israël. Cette passion sert à Arzane d’instrument pour le manipuler dans le combat qu’elle mène contre Moïse. Là est le fond de la tragédie de Chateaubriand : il s’agit de savoir si ce sont les idoles païennes d’Arzane – Baal et Moloch, Phogor et Astarthé – que les descendants de Jacob vont adopter, ou s’ils resteront fidèles à Jéhovah qui s’est révélé à eux, et dont Moïse est le prophète.
Cette pièce de théâtre en vers raciniens, à laquelle son auteur était très attaché, a connu un sort malheureux dont les péripéties forment elles-mêmes une sorte de comédie dans laquelle Mme Récamier et Chateaubriand se donnent la réplique.
André Le Gall, ancien élève de l’ENA, a mené en parallèle sa carrière au service de l’État et une activité littéraire qui comprend plus d’une vingtaine d’ouvrages dramatiques, des études sur le théâtre contemporain, et des biographies parues chez Flammarion : Corneille, Pascal, Racine et Ionesco.
Les Mémoires d’outre-tombe partagent certains caractères notables avec les Essais : une pratique constante de la non-linéarité et du mélange ; un discours de soi tenu à travers la collecte et la réorganisation de la parole d’autrui ; la mise en vedette d’une identité vécue et conçue comme fragmentaire, polymorphe, erratique. Montaigne remédie à l’intime division du moi en "peignant" son mouvement dans le temps, en fixant ses diverses dispositions au fur et à mesure qu’elles se dégagent. Chateaubriand essaie au contraire de pallier la discontinuité identitaire en cherchant une synthèse entre les différents âges et expériences du moi. Dans l’un et dans l’autre cas, le Livre est le lieu de cette (re)constitution de l’identité.
Notice bio-bibliographique
Patrizio Tucci est professeur de Littérature française à l’Université de Padoue. Ses travaux ont porté principalement sur la littérature des derniers siècles du Moyen Âge, mais il s’est aussi intéressé à la littérature du XVIe siècle, au Romantisme, au Symbolisme. Il a consacré de nombreuses contributions à Chateaubriand et participe à l’édition des Œuvres complètes de l’écrivain en cours de publication chez Champion. Il a dirigé le collectif Chateaubriand réviseur et annotateur de ses œuvres (Champion, 2010). En 2006, il a enseigné comme professeur invité à la Sorbonne (Université de Paris IV).
Voici un jeune comte, membre d’une des plus grandes familles de France, cousin du principal ministre de Louis XV et familier de la cour. Pourtant, ce mondain se passionne pour l’Antiquité grecque, au point d’organiser un voyage de découverte de plusieurs mois en Grèce, en mer Égée et à Constantinople. À son retour il entreprend de publier le récit de son périple, et invente par là même le genre alors nouveau des « voyages pittoresques ».
Gabriel de Choiseul-Gouffier succède au fauteuil de d’Alembert à l’Académie française. Il est l’un des premiers philhellènes, et sera, dans une période cruciale, envoyé par Louis XVI comme ambassadeur à Constantinople avant de venir en Russie pour y occuper notamment le poste de premier directeur de la nouvelle Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. Rentré à Paris, il poursuit la publication de son Voyage pittoresque de la Grèce, et s’emploie à fonder ce qui aurait dû être le premier musée d’antiquités en Occident.
La conférence retracera le parcours de cette personnalité exceptionnelle, connue de tous les intellectuels de l’époque, parmi lesquels Chateaubriand, et dont le souvenir est aujourd’hui encore présent à travers quelques pièces conservées par la Maison de Chateaubriand.
Jardin de l’île de Scio, planche extraite du Voyage pittoresque de la Grèce de Choiseul-Gouffier coll. Maison de Chateaubriand - cl. CG92/Gilles Vannet
Frédéric Barbier
Ancien élève de l’École des chartes et docteur ès lettres, il est directeur de recherche au CNRS (ENS Ulm) et titulaire de la chaire d’Histoire et civilisation du livre à l’École pratique des hautes études. Il vient de publier : Le Rêve grec de Monsieur de Choiseul. Les voyages d’un européen des Lumières (Paris, Armand Colin, 2010).
Le Concordat de 1817 : Louis XVIII face à Pie VII (25/01/11)
Mardi 25 janvier 2011 à 19h
Conférence-débat avec Antoine Roquette
Le Concordat de 1817, conclu entre Pie VII et Louis XVIII, après trois années de négociations serrées, n’a jamais été appliqué.
Tout en ne changeant pas grand chose au Concordat de 1801, il était voulu par Louis XVIII qui souhaitait se démarquer de l’« usurpateur » et se rattacher symboliquement à la tradition de l’Église de l’Ancien Régime. Une très vive polémique s’est élevée dans le pays qui a contraint le gouvernement à renoncer à sa mise en œuvre.
Au-delà des péripéties multiples d’une longue négociation qui s’est terminée à front renversé – d’un côté Pie VII demandant l’application d’un accord qui lui répugnait tout d’abord ; de l’autre Louis XVIII étouffant un traité qu’il avait réclamé avec insistance –, les empoignades suscitées par le Concordat ont marqué durablement l’opinion publique de la Restauration : elles ont réintroduit la question religieuse, assoupie sous l’Empire, dans la vie politique de manière telle qu’elle jouera un rôle essentiel jusqu’à la fin du régime.
Antoine Roquette abordera ce sujet méconnu de la Restauration et néanmoins lourd de conséquences.
Louis XVIII et Pie VII - coll. Société Chateaubriand - cl. MDC
Antoine Roquette
se consacre depuis plusieurs années à l’étude de la Restauration. Il a publié en 2007 Monseigneur Frayssinous, Grand Maître de l’Université sous la Restauration, chez Honoré Champion.
La duchesse de Duras (1777-1828) : égérie et romancière (14/12/2010)
Mardi 14 décembre 2010 à 19 h
Claire de Duras - gravure, d'après une peinture de Mlle Jaser - coll. Société Chateaubriand - cl. MDC
Rencontre-débat avec Marie-Bénédicte Diethelm
Claire de Duras est surtout connue de nos jours pour avoir été l’amie fidèle et dévouée de Chateaubriand. Sous la Restauration, elle avait acquis une grande notoriété comme romancière avec Ourika (1824) et Édouard (1825). Elle a laissé dans ses archives d’autres romans, achevés ou non, qu’elle a décidé de ne pas faire connaître au public. En s’attachant à découvrir les motifs qui ont empêché Claire de Duras de soumettre une partie de son œuvre à l’épreuve de la publication (Olivier ou le Secret, Le Moine du Saint-Bernard, Mémoires de Sophie...), Mme Diethelm examinera la manière dont cette importante activité d’écriture s’est insérée dans une vie qui semblait presque toute entière consacrée à la carrière du « cher frère ». Elle évoquera enfin la place de ces ouvrages au sein de la littérature de la Restauration, la vigueur de ces chefs-d’œuvre que l’on a pu inscrire dans la lignée de René (1804) et d’Adolphe (1816).
Marie-Bénédicte Diethelm, docteur en droit, docteur ès lettres, dix-neuviémiste, auteur de nombreux articles sur Balzac et Claire de Duras, a notamment publié en 2007 trois romans de Mme de Duras – Ourika, Édouard, Olivier ou le Secret – dans la collection « Folio classique ». Elle prépare actuellement en collaboration avec Bernard Degout, sous la direction de Marc Fumaroli, la publication d’une correspondance inédite de Chateaubriand et Mme de Duras (à paraître en 2011, chez Gallimard).
À lire : Claire de Duras, Ourika. Édouard. Olivier ou le Secret, éd. Marie-Bénédicte Diethelm, préface de Marc Fumaroli, Paris, Gallimard, coll. Folio classique, 2007
Conférence du lauréat du 24e Prix Chateaubriand (01/12/2010)
Mercredi 1er décembre 2010 à 20 h 30
Le lauréat du 24e Prix Chateaubriand, qui sera remis à la Maison de Chateaubriand le mercredi 17 novembre 2010 à 15 heures, donnera le mercredi 1er décembre à 20 h 30, à la Fondation Dosne-Thiers (Paris 9ème), une conférence sur son ouvrage.
Par-delà la rencontre du public avec l'auteur qui aura eu lieu le 17 novembre à la Vallée-aux-Loups, ce sera là l'occasion de découvrir en profondeur le sujet d'étude abordé par le lauréat dans son livre.
Cette conférence est ouverte à tous, gratuite, sur réservation.
EN SAVOIR PLUS / À LIRE
À la Fondation Dosne Thiers – 27, place Saint-Georges – 75009 Paris Gratuit – Dans la limite des places disponibles Sur réservation : 01 55 52 13 00 – reservations-chateaubriand@cg92.fr
Condisciple de Loménie de Brienne et de Turgot à la Sorbonne, l’abbé Morellet, qui allait être compté parmi les « philosophes », fut à partir de 1759 l’un des familiers de la véritable « institution » du XVIIIe siècle (Sainte-Beuve) que fut le « royaume de la rue Saint-Honoré » : le « salon » de Mme Geoffrin (1699-1777). Brièvement embastillé en 1760 pour un pamphlet répondant à la fameuse pièce de Palissot, les Philosophes, il publia à la mort de sa protectrice, en 1777, un élogieux portrait de celle-ci dont il donna une seconde édition en 1812, en le réunissant à des témoignages laissés par d’Alembert, Grim et Marmontel : il s’agissait alors de contrer la nouvelle entreprise de dénigrement de la philosophie lancée par le Journal de l’Empire lors de la publication de la correspondance de Mme du Deffand. La parution en 1801 d’Atala inspira à ce « dernier ami de Voltaire » de sévères Observations critiques qui ne laissèrent pas Chateaubriand indifférent ; celui-ci entreprit aussitôt de s’en justifier, et y revint encore en 1819, dans une courte notice nécrologique insérée dans le Conservateur à la mort de l’abbé philosophe. C’est sur le témoignage oral de l'abbé que se fonda la duchesse d’Abrantès, confirmée ensuite par Sainte-Beuve, pour désigner dans le salon de Juliette Récamier à l’Abbaye-aux-Bois l’héritier de celui de Mme Geoffrin.
Bernard Degout, directeur de la Maison de Chateaubriand, est le commissaire général de l’exposition « Mme Geoffrin, une femme d’affaires et d’esprit » qui ouvrira ses portes à la Maison de Chateaubriand en avril prochain.
Le concert européen (1814-1914). Aux origines de l'Europe (13/10/2010)
Mercredi 13 octobre à 19 h
Une séance des plénipotentiaires à Vienne (1814-1815), gravure d'après Isabey - coll. Maison de Chateaubriand - cl. MDC
Rencontre-débat avec Jacques-Alain de Sédouy
On a beau jeu de pointer les grands conflits militaires qui ont frappé l’Europe entre la défaite napoléonienne et la Première Guerre mondiale, mais on ne pense presque jamais à tous ceux qui ont été évités. On oublie que l’Europe n’a pas attendu le traité de Rome (1957) pour s’organiser.
Si le système européen né en 1814-1815 fut au début dirigé contre la France, celle-ci a rapidement rejoint les quatre premiers garants de l’ordre international : Grande-Bretagne, Autriche, Prusse et Russie. Ce qu’on a appelé le « concert européen » devait ainsi fonctionner jusqu’en 1914, permettant à notre continent de se transformer profondément dans une paix relative, sans catastrophe majeure.
Se concerter, se réunir pour apaiser les tensions avant qu’elles ne dégénèrent devient une habitude pour les diplomates, les ministres et les souverains. Le XIXe siècle est ponctué de rencontres où les Européens apprennent à se parler (en français). Faire accepter des limites aux hégémonies, gérer les effets des mouvements révolutionnaires, contrôler au mieux (ou au moins mal) l’idée d’État-nation et l’aspiration à l’unité (Italie, Allemagne) ou à l’indépendance (Grèce, Bulgarie, Serbie, etc.), discipliner la compétition coloniale, définir un comportement face à l’effondrement de l’Empire ottoman. Voilà un bilan largement positif. Jusqu’à ce que le système s’enraye et qu’éclate l’affrontement généralisé.
Toute cette histoire trop oubliée, mais qui a des accents étonnamment modernes, mérite d’être racontée dans sa totalité de manière vivante et érudite par un diplomate doublé d’un historien. C’est l’une des faces cachées du XIXe siècle qui est révélée ici.
Jacques-Alain de Sédouy
Après quelques années passées à la Commission européenne, Jacques-Alain de Sédouy a été ambassadeur en Jordanie, au Mexique et au Danemark. Co-président adjoint de la conférence sur l’ancienne Yougoslavie (1994-1995), il a été nommé ensuite conseiller d’État en service extraordinaire. Il est l’auteur, entre autres, de Chateaubriand, un diplomate insolite (1992), Le Congrès de Vienne, l’Europe contre la France (2003).
Lecture-conférence proposée par l'Association des Amis de la Maison de Chateaubriand et la Ville de Châtenay-Malabry
À l’Auditorium de la Médiathèque de Châtenay-Malabry (7-9, rue des Vallées)
Lecture conçue par Muriel Huth-Lafon Avec la participation de Bernard Degout
Interprètes
Muriel Huth-Lafon, comédienne Bernard Degout, directeur de la Maison de Chateaubriand
Garnement qui galope sur les remparts de Saint-Malo ou ambassadeur à Rome, amoureux de la mer, des arbres et des femmes, Chateaubriand parcourt les quatre-vingts années qui vont de Louis XV au Prince Napoléon, futur Napoléon III. Cinq décennies d’écrits témoignent des multiples centres d’intérêt de l’Enchanteur : essais et pamphlets politiques, récits de voyages, romans historiques ou épiques, correspondance avec les grands et les intimes. Mais c’est à un ouvrage voulu publié à titre posthume qu’il doit, en premier, sa place dans la littérature mondiale : les Mémoires d’outre-tombe, commencés à « La Vallée-aux-Loups, près d’Aulnay, ce 4 octobre 1811 ». Cette « maison de jardinier » l’abritera pendant dix ans.
Aborder seul une œuvre aussi riche et puissante pourrait devenir intimidant. Aussi, Muriel Huth-Lafon et Bernard Degout vous donnent-ils rendez-vous pour écouter cette prose flamboyante, visionnaire ou cocasse dite par la comédienne et replacée dans son contexte, voire commentée, par le directeur de la Maison de Chateaubriand.
EN SAVOIR PLUS / À LIRE
Entrée libre et gratuite (dans la limite des places disponibles)
En 1823, Chateaubriand est ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII. Bien que tout occupé par les affaires d’Espagne, il aura à s’impliquer dans le conclave qui, en septembre, devait donner un successeur à Pie VII en élisant Léon XII.
Six ans plus tard, à la mort de celui-ci, Chateaubriand est ambassadeur à Rome. Il tente alors de prendre une part active aux délibérations du conclave et, pour appuyer sa position à Paris, réécrit un peu l’histoire afin de se prévaloir d’un rôle important dans l’élection de Pie VIII. Mais le nouveau pape commence son règne en nommant comme secrétaire d’État le chef de parti de l’Autriche, ce qui contribuera à décider Chateaubriand de s’éloigner des affaires.
Philippe Lauvaux
est professeur de droit public à l’Université de Paris Panthéon-Assas et à l’Université de Bruxelles. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de droit constitutionnel dont Les grandes démocraties contemporaines (2004) et Destins du présidentialisme (2002).
L'art populaire russe chez les artistes d'avant-garde à travers l'exemple de Gontcharova et Larionov (17/07/2010)
Samedi 17 juillet à 15 h
Loubok du XVIIIe siècle : La demande en mariage - coll. particulière - cl. CG92 / Gilles Vannet
Conférence illustrée, par Gisèle Caumont, commissaire de l'exposition « Présences russes à la Vallée-aux-Loups au XXe siècle »
Conférence illustrée à travers des exemples choisis parmi les œuvres et les objets exposés dans les trois salles de l'exposition
Lydie Le Savoureux partageait avec ses amis peintres de l’avant-garde russe le goût pour l’art populaire de son pays. Cet art qu’ils collectionnaient, gravures, icônes et objets, aux formes architecturées et souvent très colorées, fut une source d’inspiration majeure dans leur démarche esthétique. D’autres formes d’art, théâtre, ballet et opéra, d’autres artistes russes des premières décennies du XXe siècle seront également évoqués au cours de cette présentation ciblée.
EN SAVOIR PLUS / À LIRE
Dans la Bibliothèque de la Maison Conférence comprise dans le prix d’entrée du musée Réservation obligatoire : 01 55 52 13 00 - reservations-chateaubriand@cg92.fr
Les voyages d'écrivains en Russie au XIXe siècle, l'exemple d'Astolphe de Custine (29/06/2010)
Mardi 29 juin 2010 à 19 h
Rencontre-débat avec Alain Canat, conférencier
Plusieurs écrivains français, Mme de Staël, le marquis de Ségur, Gautier, Dumas père…, ont laissé des relations de leur voyage dans l’Empire des Tsars. Mais aucun de ces ouvrages n’eut le retentissement de La Russie en 1839, d’Astolphe de Custine (1790-1857), publié en 1843.
L’auteur, célèbre écrivain voyageur, fut l’ami de Chateaubriand – amant puis ami de sa mère, Delphine de Custine. L’énorme succès de cet ouvrage, où Custine fustige en termes très durs le régime impérial et « l’arriération » russes, imposa en France l’image d’une Russie gouvernée par un despotisme brutal, oppresseur des individus et des peuples, image qui va perdurer jusqu’à la fin du siècle. En pleine Guerre froide, on en fera un récit visionnaire, croyant y lire la description du totalitarisme stalinien.
Aujourd’hui, ce récit apparaît surtout comme un témoignage brillant mais partial, marqué par la subjectivité de son auteur. Il est instructif de confronter sa description du pays et de ses habitants à celle de ses contemporains.
(*) Pour les demandes de réservation adressées par courriel, merci de bien vouloir indiquer vos coordonnées complètes : nom, prénom, adresse postale, numéro de téléphone.
Rencontre-débat avec Daniel Marchesseau, Directeur du Musée de la Vie romantique
À l’occasion de l’exposition « Frédéric Chopin. La Note bleue », présentée au Musée de la Vie romantique jusqu’au 11 juillet 2010, Daniel Marchesseau viendra évoquer le célèbre compositeur romantique exilé à Paris en 1831, qui fréquenta cercles artistiques et mondains, côtoya Rossini, Berlioz, Mendelssohn, Liszt, Marie d’Agoult, le peintre Eugène Delacroix, la cantatrice Pauline Viardot, sœur aînée de la Malibran, etc., et bien entendu George Sand, laquelle partagea pendant huit ans, à Paris comme à Nohant, l’intimité du compositeur « dévoré par le rêve de l’idéal ».
« Dites à mon cher petit Chopin que les parties que j’aime c’est la flânerie dans les allées en parlant de musique et le soir sur un canapé à en entendre quand le Dieu descend sur ses doigts divins » (Eugène Delacroix à George Sand, 30 mai 1842).
Daniel Marchesseau
est conservateur général du patrimoine et historien de l’art. Après avoir été conservateur au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (1974-1981 et 1992-1998) et au Musée des Arts décoratifs (1982-1991), il dirige depuis 1998 le Musée de la Vie romantique à Paris. Il a été commissaire et co-directeur de nombreuses expositions et contribué en France et à l’étranger à de nombreux catalogues et publications.
(*) Pour les demandes de réservation adressées par courriel, merci de bien vouloir indiquer vos coordonnées complètes : nom, prénom, adresse postale, numéro de téléphone.
De Lydia Plekhanov à Lydie Le Savoureux, dernière habitante de la Vallée-aux-Loups, de 1923 à 1978 (29/05/2010)
Samedi 29 mai 2010 à 15 h
Lydie Le Savoureux - anonyme - encre - coll. Société Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec Gisèle Caumont, commissaire de l'exposition "Présences russes à la Vallée-aux-Loups au XXe siècle"
La jeunesse en Suisse, puis en France et en Italie, de Lydia Georguievna Plekhanov est déterminante pour comprendre son rôle auprès de son mari, le docteur Henry Le Savoureux, propriétaire dès 1914 de la clinique de la Vallée-aux-Loups où il fonda un premier musée Chateaubriand. La fille de Georges Plekhanov, l’un des fondateurs et théoricien de la social-démocratie russe, baigna dans une riche atmosphère intellectuelle dès son adolescence. Devenue Madame Le Savoureux, elle contribua pour une large part à l’accueil des illustres visiteurs et malades qui se succédèrent dans l’ancienne demeure de l’écrivain jusque dans les années 1960.
L'Europe des nations, l'Europe de l'esprit (11/05/2010)
Mardi 11 mai 2010 à 21 h
CG92 / Olivier Ravoire
Conférence de Marc Fumaroli, de l'Académie française
L’Europe latine a existé, coopéré et senti son identité bien avant que l’Union européenne prît forme institutionnelle après 1945, de même que l’Italie a été une nation religieuse, linguistique et morale d’une rare cohérence, malgré son caractère d’habit d’Arlequin politique, et cela bien avant l’unité italienne d’après 1870.
Dans cette conférence, Marc Fumaroli reprend certaines suggestions de Chateaubriand dans le Génie, les Martyrs et les Mémoires, pour remémorer les formes qu’a prises au cours des siècles cette profonde unité européenne, malgré les divisions politiques et confessionnelles, malgré les guerres et les schismes, avant l’union politique de ce dernier demi-siècle. Cette remémoration est indispensable, si l’on ne veut pas réduire et aplatir l’Union européenne à l’actualité immédiate et invertébrée d’une zone de libre échange commercial.
Marc Fumaroli en quelques dates...
1976 : Docteur ès lettres ; élu maître de conférences à Paris IV-Sorbonne 1976-1986 : Directeur de la revue XVIIe siècle 1978-1995 : Membre du conseil de rédaction de la revue Commentaire 1982 : Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française 1984-1994 : Directeur du Centre d’étude de la langue et de la littérature françaises des XVIIe et XVIIIe siècles 1986 : Élu professeur au Collège de France, dans une chaire intitulée « Rhétorique et société en Europe (XVIe-XVIIe siècles) » 1991 : Publication de L'État culturel 1992 : Prix de la Critique de l’Académie française 1993-1999 : Président de l’Association pour la sauvegarde des enseignements littéraires (S.E.L.) fondée par Jacqueline de Romilly 2 mars 1995 : Élu à l’Académie française, où il succède à Eugène Ionesco 1996 : Élu président de la Société des Amis du Louvre 1997-2006 : Professeur at large de l’Université de Chicago 1998 : Élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres au fauteuil laissé par Georges Duby 1999 : Publication de l’Histoire de la rhétorique dans l'Europe moderne : 1450-1950 1999 : Nommé Président du Jury du Prix Chateaubriand, où il succède à Jean d’Ormesson 2000 : Fonde et dirige l’Institut européen pour l’Histoire de la République des Lettres, hôte de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm 2001 : Prix Balzan pour l’histoire et la critique littéraires du XVIe siècle à nos jours 2001 : Publication de Quand l'Europe parlait français 2004 : Prix du Mémorial et Prix Combourg pour Chateaubriand, poésie et terreur 2006 : Succède à M. le chancelier Gabriel de Broglie à la présidence de la Commission interministérielle de terminologie 2009 : Nommé Président du Comité scientifique de la Maison de Chateaubriand
Source : site de l’Académie française
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EN SAVOIR PLUS / À LIRE
Dans le Grand salon
Ouvrages de Marc Fumaroli en vente à la boutique de la Maison de Chateaubriand : Chateaubriand, Amour et vieillesse, Paris, Rivages poche, coll. Petite Bibliothèque, 2007, 64 p., 5 € Chateaubriand. Poésie et Terreur, Paris, Éditions De Fallois, 2003, 800 p., 27 € Chateaubriand et les Arts, Paris, Éditions De Fallois, 1999, 224 p., 19,82 €
Napoléon, l'amant pressé, par Olivier Miquel (Cherche Midi, 2009)
Rencontre-débat avec Olivier Miquel, écrivain
« Je n’ai qu’une maîtresse, disait Napoléon, c’est la France ». Il en eut beaucoup d’autres. Des amours aussi. De Giacominetta, au pensionnat de sœurs béguines à Ajaccio, jusqu’à Albine de Montholon, ultime compagne de l’exil, les femmes sont au cœur de l’épopée napoléonienne. Au bout du compte, autant de conquêtes féminines que de batailles gagnées. Des femmes conquises au service d’une ambition ou grâce à elle. Autant d’enjeux qui jalonnent le destin fabuleux de ce jeune homme très prude, dont la gloire sera bientôt ternie par une passion désastreuse ; sa femme, Joséphine, l’aimera trop tard. Il multiplie alors les maîtresses, tombe amoureux d’une comtesse polonaise, Marie Walewska. Mais la vraie maîtresse de son temps, la politique, lui dicte d’épouser Marie-Louise, la fille de l’Empereur d’Autriche. Elle lui donnera l’héritier qui fera son bonheur. Brève félicité. L’amant préféré de l’histoire croira alors avoir épousé les dynasties européennes qui le condamneront à l’exil.
Olivier Miquel
Originaire du Sud-Ouest, Olivier Miquel vit à Paris. Il a publié Le vertige de l’ange, roman, au Cherche Midi, en 2004 ; Le rire du destin, biographie d’Henri Salvador, aux Éditions du Moment, en 2007 ; Napoléon, l’amant pressé, au Cherche Midi, en 2009.
Charles Nodier - gravure pour la Galerie des contemporains illustres par un homme de rien, par Louis de Loménie - coll. Maison de Chateaubriand - cl. MDC
Rencontre-débat avec Hans Peter Lund, professeur à l'Université de Copenhague
Charles Nodier (1780-1844) et Chateaubriand entrèrent tous deux en littérature dans les premières années du XIXe siècle. Ils se connaissaient de loin seulement, leurs chemins ne se croisèrent probablement pas – ou très rarement –, mais leurs opinions présentent de fortes ressemblances, malgré la fascination exercée sur le très jeune Charles par les événements révolutionnaires. Critique à l’égard de Napoléon, Nodier évolua vers le même conservatisme que Chateaubriand, et ils avaient en commun également le désenchantement provoqué par la chute des Bourbons en 1830, désenchantement qui allait éloigner Chateaubriand de la politique, et le conteur Nodier de la réalité.
Hans Peter Lund a suivi à la trace le grand pair de France et le modeste bibliothécaire de l’Arsenal, et évoqué les possibles d’une rencontre manquée.
MDC
Hans Peter Lund
Hans Peter Lund est professeur émérite de l’Université de Copenhague et traducteur littéraire. Spécialiste du XIXe siècle, il a mené des travaux sur Nodier, Chateaubriand, Hugo, Gautier, Nerval, Flaubert, Villiers de l’Isle-Adam, Mallarmé. Correspondant de la Société d’Histoire littéraire de la France, membre de la Société Chateaubriand, il est membre de l’Académie royale des Sciences et des Lettres de Danemark. Parmi ses publications, on peut citer Aux Antres de Paros. Néoclassicisme littéraire au temps de Chateaubriand (La Chasse au Snark, 2004).
Rencontre-débat avec Guy Berger, Président de la Société Chateaubriand
La place décisive de l’activité et de la pensée politiques dans la vie et l’œuvre de Chateaubriand est aujourd’hui un fait reconnu. Tous ceux qui ont étudié l’une et l’autre s’accordent pour souligner l’importance que Chateaubriand y attacha et l’influence qu’elles eurent sur son travail d’écrivain. Néanmoins des débats, parfois vifs, subsistent sur l’interprétation historique et idéologique de la politique de Chateaubriand, ne serait-ce que parce que la vision rétrospective des Mémoires d’outre-tombe est loin d’apporter sur ces sujets toute la lumière requise.
Au cours de cette rencontre-débat, Guy Berger, président de la Société Chateaubriand, a situé ces points d’accord et de désaccord et proposé une méthode pour réduire les seconds.
MDC
Guy Berger
Ancien élève de l’École nationale d’Administration, président de chambre à la Cour des comptes de 1997 à 2006, Guy Berger a fait sa carrière dans l’administration, dans la banque et dans l’industrie. Il a été notamment conseiller technique du ministre des PTT et du ministre de la Défense, directeur du cabinet du ministre de la Santé et délégué interministériel aux professions libérales. Il est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et président de la Société Chateaubriand. Il a publié des articles et des comptes rendus dans la revue Commentaire et dans le Bulletin de la Société Chateaubriand.
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Rencontre-débat avec Ariane Charton, écrivain, spécialiste de littérature romantique
« Si je rencontrais sur mon chemin une fille délicate, spirituelle et forte, je lui dirais de faire comme j’ai fait, de suivre noblement la nature », écrivait Hortense Allart, qui durant toute son existence se laissa guider par les élans de son cœur. Rien d’étonnant qu’elle ait su séduire Chateaubriand, en 1829, alors qu’il était ambassadeur à Rome…
Née à Milan en 1801, Hortense Allart a passé son enfance dans un monde où Chateaubriand et Mme de Staël faisaient figure de référence. Son père, homme d’affaires très en vue durant l’Empire, fut un ami de Talma et recevait beaucoup. Sa mère, Marie-Françoise Gay, auteur de romans, était la belle-sœur de Sophie Gay, femme de lettres dont le salon ne désemplissait pas. Hortense, à la mort de ses parents, fut une protégée de Mme Regnault de Saint-Jean d’Angely et de Mme Hamelin, deux Merveilleuses qui n’avaient pas laissé l’Enchanteur indifférent. Hortense publia à 22 ans un roman historique puis des Lettres sur Mme de Staël, des récits inspirés de ses amours et de ses expériences intimes comme Gertrude, mais aussi des essais consacrés à la place de la femme dans la démocratie, à l’histoire de Florence, à la religion et à la littérature latine pour laquelle elle avait une prédilection. Érudite, forte de ses opinions libérales, elle fut une amie de Béranger, de Thiers, de Sainte-Beuve mais aussi de George Sand et de Marie d’Agoult avec lesquels elle aimait débattre. Sa vie amoureuse et intellectuelle fait d’elle l’un des plus beaux personnages féminins du romantisme français, à la fois libre et passionné.
MDC
Ariane Charton
Ariane Charton est née à Bourges en 1975. Après des études de lettres modernes, elle s’est spécialisée dans l’étude de l’époque romantique. Elle a publié Le Roman d’Hortense (Albin Michel), consacré à Hortense Allart, la dernière maîtresse de Chateaubriand, et a établi l’édition de la correspondance entre Marie Dorval et Vigny (Mercure de France, coll. Le Temps retrouvé). Elle est aussi l’auteur de pièces radiophoniques et d’une anthologie, Cher papa, les écrivains parlent du père (J.-C. Lattès). Début 2010, à l’occasion des deux cents ans de sa naissance, elle publiera une biographie d’Alfred de Musset (Gallimard, coll. Folio biographie).
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Conférence du lauréat du XXIIIe Prix d'Histoire Chateaubriand (17/12/2009)
Jeudi 17 décembre 2009 à 20 h 30
Chateaubriand - lithographie non signée - coll. Société Chateaubriand - MDC
Après la remise du XXIIIe Prix d'Histoire Chateaubriand le 2 décembre 2009 à la Vallée-aux-Loups, le lauréat a donné une conférence à la Fondation Dosne-Thiers (Paris 9ème).
Victor Hugo en exil : Chateaubriand ou rien ? (08/12/2009)
Mardi 8 décembre 2009 à 19 h
Chateaubriand et Victor Hugo - détails d'une lithographie non signée - coll. Société Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec Jean-Marc Hovasse, chargé de recherche au CNRS
Dans un petit journal intime où il consignait ses activités et ses pensées, le jeune Victor Hugo affirme qu’il nota, le 10 juillet 1816 : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Aucune preuve autre que son destin, relativement fidèle à cette déclaration, n’en est restée.
L’histoire de la relation entre les deux génies, jalonnée d’épisodes, de lettres et de mots devenus célèbres, a déjà été écrite. Elle s’arrête généralement, en toute logique, à la mort de Chateaubriand, à l’orée de cette Deuxième République où Victor Hugo allait peut-être obtenir le fameux portefeuille ministériel qui distinguait encore sa course aux honneurs de celle de son modèle d’autrefois. La sévère rupture de l’exil met un terme apparent à cette confrontation : du jour au lendemain, Victor Hugo n’est plus rien, sinon le premier ennemi de Louis Napoléon Bonaparte, comme un autre s’était voulu l’opposant principal de Napoléon. En passant à Bruxelles puis en abordant à Jersey, l’auteur d’Hernani ne cessera de retrouver sur son chemin celui des Mémoires d’outre-tombe…
J.-M. H.
Jean-Marc Hovasse
Né en 1970, ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres, HDR, Jean-Marc Hovasse dirige le Centre des correspondances et journaux intimes du CNRS (UMR 6563, UBO, Brest). Biographe de Victor Hugo, il a publié aux éditions Fayard un premier volume en 2001 (1802-1851), un deuxième en 2008 (1851-1864) ; il prépare le troisième (1864-1885).
MDC
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Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, tome I : Avant l’exil. 1802-1851, Paris, Fayard, 2001
Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, tome II : Pendant l’exil I. 1851-1864, Paris, Fayard, 2008
Au début du XIXe siècle, les Principautés danubiennes, encore orientalisées dans leurs mœurs, mais latines par leur langue et leur esprit, venaient de s’ouvrir à la culture de l’Occident. Entre le modèle allemand et le modèle français, celui-ci remporta de loin la victoire dans les cœurs des Roumains. Comme l’affirmait Neagu Djuvara, historien des plus subtils, dans un livre écrit à la veille du troisième millénaire, pendant plus d’un siècle les Roumains ont littéralement été « colonisés » par les Français – sans la présence du colonisateur –, de sorte que « nous avons probablement à faire avec la plus belle réussite d’influence par la culture jamais enregistrée dans l’histoire moderne ».
Le nom de Chateaubriand est incontournable quand il s’agit d’examiner cette influence, et surtout la manière dont la toute jeune littérature roumaine a su assouplir son expression et la rendre originale grâce aussi à « l’importation » massive de littérature française. Il serait donc intéressant de remonter aux origines de la réception de l’œuvre de Chateaubriand en Roumanie et de la replacer dans ce climat de grande effervescence intellectuelle et de frénésie de la traduction, qui domina la première moitié du XIXe siècle ; de découvrir qui sont les premiers lecteurs roumains de l’œuvre de Chateaubriand, ses premiers admirateurs, ses premiers traducteurs, et avec quels autres auteurs français, plus ou moins illustres, il se disputait la primauté.
Mais au-delà de cette époque, que s’est-il passé ? Chateaubriand a-t-il toujours un public en Roumanie ? Bien moins traduit que d’autres classiques français, il ne cesse pourtant de susciter un intérêt tout particulier, et fascine les esprits les plus raffinés, les plus profonds. Car en Roumanie, tout comme en France d’ailleurs, Chateaubriand reste à présent un auteur prisé par une élite.
M. V.
Première page de la préface du traducteur d'Atala-René en roumain. Le texte est en alphabet de transition, mélange de caractères cyrilliques et latins.
Le traducteur achève sa préface en disant avec modestie : « Si j’ai pu imiter la douceur et l’élégance du style de Chateaubriand, je ne m’en vante pas, mais je laisse toute sa gloire à l’auteur ; parce que, bien qu’il eût pu beaucoup perdre par ma traduction, son style étant si élevé et pompeux, il n’aurait toutefois pas su perdre en totalité sa beauté. »
Marina Vazaca est connue en Roumanie pour ses traductions de littérature française, notamment de l’œuvre de Chateaubriand ; elle a traduit pour la première fois en roumain des sélections représentatives du Génie du christianisme (1998), des Mémoires d’outre-tombe (2002), ainsi que la Vie de Rancé (2006). Toutes ces éditions sont préfacées et annotées par la traductrice, qui a bénéficié de bourses de séjour de traducteur offertes par le Centre national du livre, et a été accueillie plusieurs fois à la Maison de Chateaubriand pour des séjours de documentation.
MDC
Marina Vazaca travaille actuellement à la traduction intégrale des Mémoires d’outre-tombe.
Parmi les auteurs français qu’elle a traduits, il y a aussi Michel Butor, Henri Troyat, Paul-Louis Landsberg, Pierre Drieu La Rochelle.
Marina Vazaca est membre de l’Union des écrivains de Roumanie, et a été nommée en 2003 Chevalier des Arts et des Lettres.
Natalie de Noailles, fille du marquis Jean-Joseph de Laborde, fut aussi célèbre de son temps que méconnue aujourd’hui. Pourtant, son nom est indissociable de celui de Chateaubriand. Si ce dernier, en gentleman, garda la plus grande discrétion sur leur idylle, il l’immortalisa dans son œuvre, sous les traits de la Velléda des Martyrs et de la Bianca des Aventures du dernier Abencérage. Leur passion, qui connut son apogée lors du mythique rendez-vous de Grenade, se noua dans les beaux jardins de Méréville et se poursuivit sous les ombrages de la Vallée-aux-Loups. Dans les Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand qualifiera Natalie de « muse de Méréville ». Elle fut aussi la sienne : une inspiratrice hors pair, puisqu’il ne fut jamais si prolifique, en matière de fiction, que durant sa liaison avec la comtesse de Noailles, future duchesse de Mouchy.
En 1834, vingt-sept ans après Grenade, il écrira, déchiré par le souvenir du plus bouleversant des rendez-vous d’amour : « Allais-je au tombeau du Christ dans les dispositions du repentir ? Une seule pensée m’absorbait ; je comptais avec impatience les moments... » À l’en croire, il n’aurait accompli les quelque huit mille kilomètres de son itinéraire de Paris à Jérusalem, et retour, que pour les beaux yeux de Natalie. Discrétion, cependant, oblige : il retranchera ce texte des Mémoires d’outre-tombe. Lorsque Sainte-Beuve le publiera, beaucoup en contesteront l’authenticité. Jusqu’à ce qu’on retrouve, par miracle, le manuscrit à la veille de la Seconde guerre mondiale.
Dans cette rencontre-débat, Marie-Claude Jardin, auteur de L’Enchanteresse de Chateaubriand, paru aux éditions Histoires & Patrimoine en 2008, a évoqué la figure flamboyante et le destin tragique de Natalie de Noailles, qui fut aussi l’inspiratrice de son propre père, Jean-Joseph de Laborde, propriétaire du domaine de Méréville et de son fabuleux jardin anglais.
M.-C. J.
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Marie-Claude Jardin
Philosophe de formation, Marie-Claude Jardin est l’auteur de la première biographie de l’écrivain et critique Jean-Louis Bory, parue en 1991 aux éditions Pierre Belfond. D’abord pigiste pour une agence de presse parisienne, elle fut ensuite traductrice et vit aujourd’hui à quelques kilomètres de Méréville. Elle prépare actuellement un nouvel ouvrage, sur lequel elle préfère se montrer discrète. Seule confidence notable : une intimité renforcée avec l’Enchanteur, devenu son écrivain favori.
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Marie-Claude Jardin, L’Enchanteresse de Chateaubriand. Natalie de Noailles, duchesse de Mouchy, née Laborde (1774-1835), Histoires & Patrimoine, 2008
Goethe - lithographie non signée pour la Galerie des contemporains illustres - coll. Maison de Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec le Dr. Klaus Zeidler
Chateaubriand et Goethe, ces deux contemporains qui furent parmi les plus grands écrivains de leur temps, ont traversé une période tourmentée qui a fortement marqué l’Europe moderne.
Klaus Zeidler s’est attaché à présenter ce qui, en dépit de tout ce qui les séparait, les rapprocha au contraire, aussi bien sous l’aspect de leur biographie que sous celui de leurs carrières politiques, et de la question tant débattue alors de la compatibilité des Lettres et de la politique.
Il a fait également le point sur les relations qu’ils entretinrent et les jugements qu’ils portèrent l’un sur l’autre.
Klaus Zeidler
Né en Allemagne en 1941, Klaus Zeidler est Docteur en Sciences économiques et sociales. Durant vingt-cinq ans, il a mené une carrière internationale dans la banque. Il a obtenu en 2008 une Maîtrise de Lettres Modernes à l’Université Sophia Antipolis de Nice.
MDC
« Je traversai Erfurt et Weimar : dans Erfurt, l’empereur manquait ; dans Weimar, habitait Goethe que j’avais tant admiré, et que j’admire beaucoup moins. Le chantre de la matière vivait, et sa vieille poussière se modelait encore autour de son génie. J’aurais pu voir Goethe, et je ne l’ai point vu ; il laisse un vide dans la procession des personnages célèbres qui ont défilé sous mes yeux » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVI, chapitre 1).
Louis-Philippe - gravure colorée - coll. Maison de Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec Hervé Robert, Maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris
Les relations entre Orléans et Chateaubriand n’avaient pas, jusqu’alors, donné lieu à une étude particulière. Hervé Robert, spécialiste de l’histoire de l’orléanisme et des princes d’Orléans au XIXe siècle, comble une indiscutable lacune de la bibliographie des études chateaubriandistes.
Présenté par la duchesse de Duras et le duc de Montmorency au Palais-Royal, Chateaubriand fait connaissance du duc d’Orléans dans les premiers mois de la première Restauration à l’occasion de lectures qu’il donne de son Moïse et des Aventures du dernier Abencérage. Il noue surtout avec la duchesse douairière, sa mère, des liens de grande cordialité que seule la mort de la fille du duc de Penthièvre rompt en 1821.
Les divergences d’analyse politique au terme des Cent-Jours et dans les premiers mois de la deuxième Restauration contribuent à éloigner le prince et le pair de France. Le tissu de relations se reconstitue après le retour en France de la famille d’Orléans au printemps 1817. Sans être un familier du Palais-Royal, Chateaubriand ne rompt pas avec le duc d’Orléans, et entretient avec lui des relations suivies mais distantes. L’intérêt commun des deux hommes pour la cause grecque et la défense de la liberté de la presse les rapproche sous le règne de Charles X.
Les journées de Juillet sont évidemment décisives. Chateaubriand refuse le ralliement à la solution orléaniste au terme d’une réflexion personnelle sans doute plus indécise qu’il ne veut le dire dans ses Mémoires d’outre-tombe, malgré les sollicitations directes ou indirectes du lieutenant-général du royaume.
Il est dès lors un opposant déterminé à la monarchie orléaniste et au roi des Français. Au fil des brochures qu’il publie en 1831 et 1832, sa critique du régime n’épargne pas toujours le monarque et sa famille. Son dévouement actif à la duchesse de Berry l’éloigne encore. Par delà la fidélité dynastique, le comte de Chambord se l’attache par des attentions qui flattent le vieil homme et qu’il couronne par la réception de Belgrave Square en 1843. Le fossé qui le sépare du roi des Français ne sera jamais comblé. C’est en légitimiste constant qu’il accueille avec satisfaction, dans un éclair de lucidité, la chute de la Monarchie de Juillet : « C’est bien fait. »
« Il y avait deux partis à prendre pour M. le duc d’Orléans : le premier, et le plus honorable, était de courir à Saint-Cloud, de s’interposer entre Charles X et le peuple, afin de sauver la couronne de l’un et la liberté de l’autre ; le second consistait à se jeter dans les barricades, le drapeau tricolore au poing, et à se mettre à la tête du mouvement du monde.
Philippe avait à choisir entre l’honnête homme et le grand homme : il a préféré escamoter la couronne du Roi et la liberté du peuple. Un filou, pendant le trouble et les malheurs d’un incendie, dérobe subtilement les objets les plus précieux du palais brûlant, sans écouter les cris d’un enfant que la flamme a surpris dans son berceau » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, XXXII, 13).
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Hervé Robert
Magistrat, ancien chargé de conférences à l’École pratique des Hautes Études et ancien maître de conférences à l’Institut des études politiques de Paris, Hervé Robert est aujourd’hui reconnu pour ses travaux sur les princes d’Orléans au XIXe siècle et le mouvement orléaniste.
Il a publié successivement dans la collection « Que sais-je ? » des Presses universitaires de France : L’Orléanisme et La Monarchie de Juillet. Il a mené à bien l’édition critique des Souvenirs inédits du duc Ferdinand-Philippe d’Orléans, publiée à la librairie Droz de Genève en 1993, et achevé l’appareil critique des Mémoires du comte de Chabrol, préfet de la Seine, que Michel Fleury avait laissé inachevé à son décès (Commission des travaux historiques de la Ville de Paris, 2002).
L’Action artistique de la Ville de Paris a édité en 1993, à l’occasion de l’exposition dont il fut le commissaire, Le mécénat du duc d’Orléans 1830-1842. En 2007, il a réuni pour les éditions Economica ses principaux articles « orléanistes », sous le titre : Les Princes d’Orléans. Une famille en politique au XIXe siècle. L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ont accueilli en 2008 dans ses Monuments et mémoires de la fondation Eugène Piot sa savante « Contribution à l’histoire de la sauvegarde des Thermes et de l’hôtel de Cluny (1789-1848) ».
Hervé Robert prépare actuellement, parmi d’autres travaux, l’édition des Mémoires encore inédits de Jean Vatout (1791-1848), député de la Côte d’Or, conseiller d’État, bibliothécaire et confident de Louis-Philippe.
Il est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire.