« Je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants, écrivait Chateaubriand de ses arbres : c'est ma famille, je n'en ai pas d'autre » (Mémoires d'outre-tombe).
Le parc de la Maison de Chateaubriand - MDC
Indissociable de la Maison de Chateaubriand, le parc de 14 hectares qui l’entoure offre une diversité paysagère associant parc romantique, prairie et sous-bois préservés.
L’écrivain porta une attention toute particulière à son parc et planta lui-même des espèces parfois rares lui rappelant ses souvenirs de voyage : cèdre du Liban, platane de Grèce, cyprès chauve de Louisiane, tulipier, catalpa, magnolia, hêtre pourpre, etc. « J’allais muni d’une paire de sabots, écrit-il dans les Mémoires d’outre-tombe, planter mes arbres dans la boue, passer et repasser dans les mêmes allées, me cacher partout où il y avait une broussaille, me représentant ce que serait mon parc dans l’avenir ».
Il fit appel aux pépiniéristes Cels et Noisette, mais aussi à ses amis (Mme de Duras, Natalie de Noailles, Humboldt) pour enrichir son parc selon ses souhaits. Il reçut également de l’Impératrice Joséphine un magnolia à fleurs pourpres, « le seul qu'il y eût alors en France après celui qui lui restait à Malmaison », écrit Céleste de Chateaubriand dans ses Cahiers.
C’est dans le parc également que se trouve la Tour Velléda, où Chateaubriand installa son bureau et sa bibliothèque.
C'est donc un parc chargé d'histoire, mémoire d'un homme et d'une œuvre littéraire, que l'on découvre à la Maison de Chateaubriand.
L'entrée du parc de la Maison de Chateaubriand est gratuite depuis le 1er juillet 2009.
Une occasion supplémentaire pour les visiteurs de venir goûter aux charmes de ce parc de 14 hectares, mais aussi de découvrir à proximité immédiate le parc boisé, l’Ile Verte et l’Arboretum. Au total, 63 hectares de verdure à arpenter...
« [...] on récolte, dans le parc, du foin pour nourrir deux chevaux et trois vaches » (Chateaubriand à propos du Val-du-Loup, 1818).
Fauchage du 17 juin 2009 à la Maison de Chateaubriand - MDC
Chaque année à la mi-juin, la Maison de Chateaubriand reçoit un agriculteur venant procéder au fauchage de la prairie, grand tapis vert situé au cœur du parc. Un attelage de deux chevaux ardennais – Edmond et Odillon, 17 et 7 ans – mené par un agriculteur spécialisé a ainsi fauché le 17 juin dernier environ 6 000 m².
Plus lente que la fauche mécanique et effectuée du milieu du terrain vers l’extérieur, la fauche par traction animale permet la préservation des petits animaux, qui ont le temps de se mettre à l’abri avant le passage de la faucheuse. Au pourtour de la prairie sont laissées en friche les lisières, qui constituent des refuges indispensables pour la faune, la flore et les insectes, garants du respect de la biodiversité.
Trois jours après le fauchage, a eu lieu l’andainage (mise en rangs de l’herbe coupée), avant, trois jours plus tard encore, le bottelage (seule opération mécanique, à la moissonneuse).
Un fauchage semblable était mené à l’Arboretum voisin, pour une récolte totale de 140 bottes de foin qui auront fait le bonheur des chevaux de la garde équestre du Conseil général, basée à Sceaux.
La méthode traditionnelle de fauchage mise en œuvre à la Vallée-aux-Loups fait écho à la vie agricole telle que l’a connue Chateaubriand, qui précisait dans l’affiche de vente de sa maison en 1818 : « [...] on récolte, dans le parc, du foin pour nourrir deux chevaux et trois vaches ».
« Une abeille cueille du miel de fleur en fleur, et sans le savoir, féconde toute une prairie... » (Chateaubriand, Génie du christianisme).
Ruches du parc de la Maison de Chateaubriand - MDC
À l'instar de nombreux parcs départementaux, l'Arboretum de la Vallée-aux-Loups et l'Île verte accueillent des ruchers. Au total, ce sont huit ruches réparties sur ces deux sites qui produisent chaque année près de 200 kg de miel et qui abritent chacune jusqu'à 150 000 insectes. Un bon point pour la biodiversité.
3 questions à Michel Ricard, apiculteur à l'Arboretum et à l'Île verte.
Sur des sites tels que l’Arboretum et l’Île verte, quels végétaux attirent les abeilles ? Au printemps, les pissenlits puis les platesbandes de fraisiers, les fleurs d’acacias, les fleurs des nombreux tilleuls qui ornent les allées ou les châtaigniers du parc Henri-Sellier tout proche. Du côté de l’Île verte, les fleurs violettes des facelies sont très prisées des butineuses qui fréquentent aussi les cornouillers et les prunus. À l’automne, elles se rabattent sur les lierres qui couvrent les murs ou les arbres.
Quand a lieu la récolte du miel ? En général, je procède à quatre récoltes par an, de début juin à fin août. Les moments de récolte restent difficiles à prévoir puisquetout dépend de la météo et de la floraison. Cette année par exemple, la nature est en avance d’un mois. Ce sont les abeilles ellesmêmes qui donnent le signal lorsqu’elles rebouchent hermétiquement les alvéoles à la cire. Telles d’habiles cuisinières, elles estiment alors que le nectar a atteint un taux d’humidité parfait assurant sa bonne conservation.
Comment se passe la récolte ? L’apiculteur veille toujours à laisser des réserves suffisantes aux abeilles pour qu’elles puissent passer l’hiver. Parfois, des extractions de miel sont organisées en public, c’est l’occasion d’expliquer le travail de l’apiculteur et de sensibiliser à l’importance des butineuses pour la nature. Les abeilles favorisent la pollinisation des fleurs, des graines, des fruits. Leur rôle, dans l’équilibre d’un écosystème est essentiel.
Apprendre et déguster Avec un peu de chance, vous pourrez assister à une récolte de miel et goûter au précieux nectar dans un des parcs du Conseil général qui abrite un rucher. Pour cela, suivez régulièrement l’actualité du site www.promenades92.fr
Mercredi 19 mai 2009, le parc de la Vallée-aux-Loups Chateaubriand était à l'honneur au Festival de Cannes. Y était en effet présenté en Sélection Officielle, Séance Spéciale, le film Chantrapas d'Otar Iosseliani, sélectionné pour représenter la France et la Géorgie, dont une partie du tournage s'est déroulée à l'Arboretum et à la Maison de Chateaubriand à l'automne 2009.
Retour sur le tournage
Le tournage à la Maison de Chateaubriand de quelques scènes du film (Pierre Grise Productions) a eu lieu les 8 et 9 octobre 2009.
Synopsis (source : upfilms.fr)
« Si je n’étais pas poète, Je serais bandit de grand chemin » (Maïakovski ).
Nicolas est un artiste, un artiste qui dérange, que tous voudraient réduire au silence. Au début ce sont les « idéologues » qui veulent le faire taire, considérant que son œuvre n’est pas conforme aux règles en vigueur. Face à leur détermination, il quitte ce pays pour un autre – terre de liberté et de démocratie.
Ce nouveau pays l’accueille avec chaleur car malgré l’acharnement mis à le réduire au silence, son talent a franchi les frontières, du moins pour un petit cercle d’artistes comme lui.
« L’état de grâce » sera de courte durée. Très vite Nicolas découvre que d’autres obstacles se dressent son chemin. Ici pas d’idéologues, juste des commerçants qui lui expliquent gentiment que son œuvre n’intéresse personne, ou si peu… Bref il n’est pas « rentable ».
Mais qui est donc Nicolas ? Juste un artiste, qui ne demande rien d’autre que de pouvoir s’exprimer, et éventuellement d’en vivre, même modestement. Ni génie tourmenté, ni dangereux révolutionnaire. Un homme simple, tranquille à sa façon. Juste un homme libre en toutes circonstances. Peut-être est-ce là la source de tous ses problèmes…
Réalisation, scénario et dialogues : Otar IOSSELIANI
L'amour que Chateaubriand portait à ses arbres était profond, animé par un sentiment
presque religieux de la nature. Lorsque, dans ses Mémoires d'outre-tombe,
il évoque le jardin qu'il a lui-même créé à la Vallée-aux-Loups, c'est de ses arbres
qu'il parle avec le plus de passion et une tendresse toute romantique.
Pour enrichir son parc, il n’hésite pas à demander des plants à ses connaissances. Ainsi, Nathalie de Noailles lui envoie de jeunes plantes de son domaine de Méréville. Par l’intermédiaire du célèbre naturaliste et explorateur allemand Alexander Humboldt, l’écrivain demande à Aimé Bonpland, botaniste du jardin de la Malmaison, de lui procurer des arbres provenant des Serres impériales. Il se rendra personnellement au jardin de Joséphine lorsque celle-ci lui offre un magnolia à fleurs pourpres, alors très rare.
À côté d’essences locales comme le châtaigner, Chateaubriand plante des arbres provenant d’autres pays et d’autres climats : séquoia, pin d’Espagne, cyprès chauve, laurier de Grenade, catalpa, cèdre du Liban… À leur propos, il écrit : « Je les ai choisis autant que j’ai pu des divers climats où j’ai erré ; ils me rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon coeur d’autres illusions ». Les arbres offrent beaucoup plus qu’un simple décor. La diversité horticole devient un moyen d’évoquer, à l’intérieur de l’enclos du jardin, d’autres lieux, parfois très éloignés dans le temps et dans l’espace. Dans ce paysage idéal qu’est le parc de Chateaubriand, autour des essences végétales se cristallisent ainsi l’amour pour la nature, la mémoire de paysages aimés, la nostalgie, la passion pour le jardinage et pour la botanique. Le jardin devient l’expression d’une intériorité, le miroir d’une âme.
Depuis, cette oeuvre d’art naturelle n’a cessé d’évoluer mais son esprit reste inaltéré. Face aux dégâts importants causés par la tempête de 1999, le Conseil général des Hauts-de-Seine a mis en oeuvre une politique de reboisement respectueuse du caractère du parc et de son histoire. Un petit nombre des sujets plantés par l’écrivain sont encore sur place, portant jusqu’à nous la mémoire, l’idéal, le sentiment de la nature que Chateaubriand a voulu incarner dans son lieu.